
L’Afrique et l’Europe seront-elles reliées par rail d’ici à 2050? Telle est la question que pose L’Echo touristique, qui indique que le projet de construction d’un tunnel sous-marin entre le Maroc et l’Espagne reprend du souffle après la visite à Rabat du Ministre espagnol des transports Óscar Puente en mars 2024.
Le ministre a alors fait part de sa volonté d’organiser une rencontre «dans les plus brefs délais» entre une société espagnole et une autre marocaine pour continuer à avancer dans les études nécessaires au développement de cette infrastructure.
Initié en 1989, le projet vise à relier les deux rives de la Méditerranée à travers le détroit de Gibraltar, à l’image du tunnel sous la Manche. La comparaison s’arrête là, tant les caractéristiques techniques entre les deux projets (structure, nature du terrain…) diffèrent. C’est d’ailleurs sur ces paramètres de faisabilité que s’écharpent plusieurs experts, alors que les études de terrain reprennent.
Un chantier à 30 milliards d’euros
Les dimensions pharaoniques du projet et son coût sont également des obstacles majeurs à sa concrétisation. Il y a trente ans, une étude avait évaluée son coût approximatif à 13 milliards d’euros. Aujourd’hui, la facture pourrait être deux fois plus salée. Les relations instables entre l’Espagne et le Maroc, alimentées par le conflit autour du Sahara occidental, constituent un autre grain de sable.
Mais le nouveau cadre instauré au printemps 2023 par les deux pays – le gouvernement espagnol a changé de position concernant le Sahara occidental – a relancé l’idée du tunnel. «Il s’agit d’un projet stratégique pour l’Espagne et le Maroc, mais aussi pour l’Europe et l’Afrique», a souligné l’ancien Premier ministre Pedro Sánchez, à l’origine de ce réchauffement diplomatique, en février 2023 lors d’une réunion organisée à Rabat.
Près de 13 millions de passagers chaque année
Par ailleurs, le projet visait initialement à ne passer que d’un côté à l’autre. Désormais, la structure devrait être plus ambitieuse et à même de se connecter aux réseaux ferroviaires des deux pays. Elle devrait être en mesure de pouvoir absorber une grande quantité de fret et de passagers pour pouvoir être rentable. L’ajout de transit de communications, de réseaux électriques ou même de systèmes permettant d’utiliser les courants du détroit pour produire de l’énergie pourrait également contribuer à l’équilibre financier du projet.Parce qu’il s’agit réellement d’une construction capable de marquer l’histoire des communications entre les deux continents.
La version présentée en 1995 prévoyait l’installation d’un double tunnel ferroviaire de 38,7 kilomètres de long, avec une galerie intermédiaire destinée aux services, dont 27,7 kilomètres seraient situés à environ 100 mètres de profondeur pour un trajet d’environ 30 minutes.
Selon des études prévisionnelles, la demande via la liaison fixe en 2050 serait d’environ 12,8 millions de passagers et 13,13 millions de tonnes de marchandises. Si le projet devait se concrétiser, le chantier durerait au moins trois décennies. (TI)








