
Tollé en Suisse romande suite à la publication vendredi du nouvel horaire envisagé par les CFF à compter de la mi-décembre 2024: les Intercity 5 reliant St-Gall à Genève Aéroport par la ligne du pied du Jura seront presque tous sacrifiés. Or ces IC5, presque toujours composés de deux rames, connaissent un coefficient moyen de remplissage que le transbordement imposé à Renens rend totalement aberrant.
Bienne, le Jura, Neuchâtel, La Chaux-de-Fonds, Morges et Yverdon reprochent aux CFF un «réseau ferroviaire à deux vitesses» entre la Suisse alémanique et la Suisse romande et s’unissent pour faire revenir l’ancienne régie fédérale sur sa décision incohérente.
Certes, la Suisse romande paie au prix fort la léthargie dans laquelle se complaisaient ses parlementaires fédéraux, en premier lieu vaudois et genevois, dans les années 1980/90. A l’époque où la Suisse alémanique et toute l’agglomération zurichoise investissaient dans un réseau ferroviaire anticipant les besoins futurs, l’arc lémanique s’en tenait à son approche «tout voiture». Et en matière d’infrastructure, quarante années perdues ne se rattrapent pas en un coup de baguette magique.
En sacrifiant les IC5 à destination de Genève Aéroport, les CFF se tirent une balle dans le pied. Tout en prônant la durabilité, ils contraignent la clientèle touchée, quel que soit son profil, à opter pour un transport individuel en direction de Genève et de Genève Aéroport. Et on n’abordera même pas le casse-tête que créeront fatalement lors du changement de train à Renens les traditionnels accidents de personnes et énièmes ruptures de ligne de contact!
Or les CFF eux-mêmes incitent la clientèle à opter pour les transports publics en matière de loisirs comme lors des déplacements professionnels. En parallèle, de multiples accords ont été conclus dans un passé récent avec des compagnies aériennes pour stimuler les voyages en train entre le domicile et l’aéroport – Swiss Air Rail, Air + Rail, etc.. De plus, différents outils ont été développés à l’intention des entreprises, correspondant aux directives actuelles en matière de voyages d’affaires.
En procédant à une analyse détaillée du profil des clients utilisant les IC5 à destination de Genève, les CFF se rendraient immédiatement compte que les rames ne sont nullement occupées par des courses d’école alémaniques et des recrues mais par des utilisateurs ayant recours au train pour leurs déplacements professionnels. Et avec le temps partiel et la vogue du télétravail, les déplacements ne se limitent plus aux heures de pointe.
Les CFF oublient également que la zone de chalandise d’un aéroport comme Genève s’étend bien au-delà de l’arc lémanique. Malheureusement, l’horaire 2025 des CFF fait fi de considérations économiques et climatiques et met gravement en danger l’accessibilité ferroviaire du deuxième aéroport intercontinental de Suisse. Dès lors, les CFF n’ont pas d’autre choix que celui de revoir leur (mauvaise) copie. Faute de quoi, le recul des fameux AG pourrait s’accélérer. Renens, tout le monde descend!








