
Il y a à peine six ans, Swiss perdait des dizaines de millions de francs sur sa base de Genève. Le redressement s’est ensuite opéré par étapes pour aboutir en 2016 à une situation nettement meilleure, mais toujours déficitaire. En lançant ensuite le programme «Geneva Reloaded», Lufthansa Group et Swiss ont témoigné leur attachement à Genève et à la Suisse romande. Il convenait en effet de créer un modèle point-to-point viable pour offrir une alternative de qualité aux low-costs, dont Easyjet, qui détient la moitié des parts de marché à Genève.
Si Lufthansa Group avait appliqué à la lettre son actuelle stratégie s’articulant autour de quatre hubs (Francfort, Munich, Vienne et Zurich), Genève n’aurait plus aucun appareil de Swiss sur son tarmac, à l’exception peut-être de la liaison quotidienne à destination de New York JFK. Mais d’autres facteurs entrent aussi en jeu, ce que le groupe aérien a parfaitement compris.
Émotionnellement, on ne peut pas se prénommer Swiss et abandonner du jour au lendemain la desserte de Genève. Au point de vue économique, il serait aussi impensable que Swiss ne propose pas localement un produit de qualité, adapté au tourisme d’agrément comme à la clientèle d’affaires. Entouré de multinationales et de dizaines d’organisations internationales, Genève présente en effet un yield moyen nettement plus élevé que celui de la plupart des aéroports européens. En appliquant sans discernement sa stratégie de hubs, Lufthansa Group abandonnerait à la concurrence ce précieux fonds de commerce genevois et romand. Et l’on ne parle pas seulement de volume d’affaires, mais aussi de très nombreux clients fidèles figurant dans les catégories les plus élevées du programme de fidélisation de la compagnie.
Il y a un an, Swiss devait relever un défi majeur à Genève: ne plus perdre d’argent et retrouver d’ici au 31 décembre un niveau de rentabilité acceptable dans le point-to-point court- et moyen-courrier. Cet objectif ambitieux, Swiss l’atteint en obtenant un résultat annuel positif d’une dizaine de millions de francs. La base semble donc solide pour aller de l’avant et, surtout, ne pas répéter certaines erreurs appartenant au passé. N’apprend-on pas toujours de ses propres erreurs?
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